Re Ex

La différence entre cette fois-ci et la première fois, c’est que la première fois je ne savais pas ce qui m’attendait. Le vide, le néant, quoi d’autre? C’était comme la mort, j’ignorais ce qui allait arriver de moi après cette rupture alors en tant que bonne dramatisante que je suis, plutôt que d’imaginer que ma vie allait nécessairement être meilleure sans cet enfoiré, j’ai cru bon m’imaginer les pires scénarios. Cette fois-ci, outre le fait que celui qui me sacre là n’est pas tout à fait un enfoiré, il faut dire que je connais exactement les étapes qui doivent m’amener à retrouver le bonheur d’être seule. Parce que c’est bien ça le but, non? Être heureuse toute seule pour qu’un autre imbécile vienne me sortir de mon confort de fille célibataire. Bref, j’ai eu de la peine, j’ai été en colère, j’ai bien dû faire du déni quelque part là-dedans mais je ne m’en suis pas aperçu. Au lieu de traverser ces étapes à pas de tortue, j’ai cru bon faire un sprint, histoire d’être pathétique un peu moins longtemps.

Là, ce qui me fait chier, ce sont les détails administratifs. Faut vendre, diviser les trucs, régler les comptes, diviser l’indivisible et patienter parce que c’est long. Prendre mon mal en patience parce que je dois habiter un endroit que je n’ai plus envie d’habiter. Ma vie est devenue un gros n’importe quoi, y a même plus de lait dans mon frigo et je n’ai même pas l’énergie d’aller en chercher. La motivation d’entretenir un minimum d’hygiène dans mon logis s’est elle aussi volatilisée. Je passe mes fins de semaine à gauche et à droite et mes soirées, ce n’est pas tellement mieux. Quand je ne suis pas quelque part à m’étourdir, je m’empresse de gagner mon lit, parce que quand je dors, je ne pense à rien. Le poids sur la balance descend parce que manifestement, me nourrir est devenu le dernier de mes soucis. Et je trouve le moyen de me réjouir de ce nouvel espace créé entre mes vêtements et mon corps.

Je ne voulais pas revenir ici, parce que bien que j’aie l’impression de ne pas avancer dans la vie, suis-je obligée de me confronter à ce que je considère comme un recul? Mais bon, ce que j’en ai rien à foutre d’avoir l’air pathétique. S’il est vrai que les gens heureux n’ont pas d’histoires, il est aussi vrai que les filles qui se font domper sentent le besoin de s’éventrer l’émotivité sur un blogue. Qu’est-ce que ça peut ben faire?

Ce qui m’apparaît encore bien plus pathétique qu’une fille célibataire écrivant un blogue, ce sont les gars qui, à la suite de l’annonce à la terre entière que Facebook a faite de mon nouveau célibat, m’ont envoyé des messages pour aller prendre un verre alors que je ne les ai pas vus depuis des siècles. Faut vraiment manquer de subtilité et / ou être dans un état de manque lamentable pour s’en prendre à une fille éplorée.

Catégorie : EXutoire
Par L'ex
Le 22-05-2009
À 11:40
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