Devant la haine quasi-unanime de mes comparses face à la St-Valentin, moi qui avais organisé toute une soirée coquine pour mon homme, j’avais choisi de ne pas étaler ma joie et mon amour sur cette page. Évidemment, lorsque moi, pauvre victime du hasard, j’organise quelque chose, tout doit non seulement ne pas se passer comme prévu, mais doit également tourner à la catastrophe.
Je devais attendre le Dompteur à 18h00 chez moi et à peu près tout devait être prêt pour une soirée parfaite. Une réunion s’est éternisée et je trouvais très peu professionnel de quitter avant la fin. « Je m’excuse mais je dois quitter, je dois aller enfiler mon déshabiller et me mettre du chocolat partout en attendant mon amoureux. » Minime contretemps, la St-Valentin attendra bien une demi heure.
Là où la situation s’est légèrement détériorée, c’est lorsque j’ai pris la décision de faire un détour afin d’aller mettre de l’essence dans ma voiture, me disant qu’il serait vraiment merdique que je tombe en panne et que la St-Valentin doive attendre davantage. L’idée n’était en soi pas trop conne mais le choix d’itinéraire était discutable. Après avoir fait le plein, je me suis retrouvée prise dans le trafic menant au pont Jacques-Cartier, ce qui m’occasionnait un retard additionnel de quelques minutes. On peut encore vivre avec cela, Valentin est un être patient et compréhensif.
Par contre, là où la soirée a pris un tout autre tournant et que ma vie m’est apparu l’espace de quelques heures comme un enfer insurmontable et que je me suis mise à sombrer dans un état mental proche de la psychose, c’est lorsque ma voiture a cessé de m’obéir, que mon alternateur a cessé d’alterner quoique ce soit et que tout s’est arrêté au coin de De Lorimier et de l’autoroute Ville-Marie, causant ainsi un bouchon de circulation historique pour lequel a grandement contribué le déneigement, opération qui, à l’heure de pointe, m’apparaît comme une idée aussi géniale que de tomber en panne.
Là ou la situation a non seulement dégénéré, que mon état psychologique a atteint un fond jusque là inégalé et que je me suis mise à pleurer et à crier comme une ostie de mongole, c’est lorsqu’un chauffeur d’autobus, au tempérament visiblement colérique, à qui je bloquais le passage, est sorti de son autobus pour venir m’engueuler et frapper dans les fenêtres de ma voiture, alors que j’étais au téléphone avec C.A.A., ce qui m’apparaissait alors la chose logique à faire. (D’ailleurs, je profite de ce forum pour m’excuser auprès de la madame de C.A.A. qui doit être sourde ce matin, les « Qu’est-ce tu veux que je fasse gros cave», «va chier!, «retourne dans ton autobus!», ne vous étaient pas destinés.)
Le prix citron va à C.A.A., qui a pris 1h30 pour venir me cueillir, me laissant geler comme une crotte et subir des insultes de tous côtés. Heureusement que mon amoureux est venu me secourir et me réchauffer.
Un merci spécial à tous les automobilistes qui m’ont contournée, prenant bien le soin de me klaxonner et de me regarder avec un air de dédain. Je sais, c’était vraiment cave de ma part de planifier, à l’heure de pointe un soir de St-Valentin, que mon alternateur désalterne sur une altère achalandée.
Une mention spéciale aussi, aux deux mécaniciens à qui j’ai parlé de mon problème électrique dans le dernier mois et qui m’ont dit : « C’est normal. »
La soirée romantique s’est terminée au Service au volant de St-Hubert Express en pyjama rose. Minime contretemps, la St-Valentin attendra encore un peu.