Momo

Je suis une personne compulsive. Je suis également une personne rationnelle. Je suis tout de même dotée d’un côté (lointain) économe. Je suis nulle en technologie. J’aime néanmoins que les choses aillent rondement. Je suis le modèle-type de la personne impatiente. Prenez chacune de ces caractéristiques, déposez les dans un shaker à martini et brassez très très fort et vous aurez le fabuleux mix que ça donne quand, surgissant de nulle part, il me prend une envie de posséder un nouvel ordinateur.

 

Suite à ma rupture qui date désormais d’une époque préhistorique, le super ordinateur performant que mon ex et moi avions acheté en commun ne pouvant se scinder en deux, je me suis ainsi retrouvée sans cet indispensable outil. Étant une personne adaptable à souhait, je ne m’en suis pas plus mal portée durant les premiers mois, jusqu’à ce que mes parents décident de changer leur vieil ordi pour un plus récent. J’ai évidemment hérité de la vieille chose, laquelle avait déjà un état de fonctionnement douteux. Par une force d’esprit exemplaire, j’ai réussi depuis un an à repousser chacune des pensées en vertu desquelles j’avais peut-être besoin, à 26 ans, d’un vrai ordinateur. Pas de la vieillerie de la sœur de la matante de l’autre. J’ai réussi à ignorer complètement ce besoin jusqu’à ce qu’un éclair me frappe le cerveau ce matin. Je discutais avec Patate de mon futur Ipod Shuffle (que j’espère profondément avoir à Noël. Le argent ou le rouge s’il vous plaît.) et je ventilais certaines craintes à l’effet que je ne suis pas du tout convaincue que mon ordinateur datant de 2001 puisse supporter que je commence à y insérer de la musique. En fait, il ne supporte plus rien du tout. Je ne l’allume plus (et lui non plus ne m’allume plus du tout, si vous voulez tout savoir).

 

À 10h43, le drame était accompli. J’ai dit : « je pense que j’ai besoin d’un nouvel ordi ». J’ai hésité 4 secondes et demi entre un Mac et un PC. Jusqu’à ce qu’un ami me dise une phrase que seuls les amis peuvent se permettre de dire : «sauf que selon moi, tu vas sacrer en esti après ton mac. Déjà que t’as pas de patience avec les affaires que tu maîtrises, imagine une nouvelle bebelle» Beding bedang! À midi pile, je recevais la confirmation d’achat de mon nouvel ordinateur portable (PC). Je vais l’appeler Momo.

Catégorie : EXpériences
Par L'ex
Le 30-11-2007
À 14:12
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Convergence?

C’est la folie des paniers de Noël qui vient de débuter dans l’immeuble où je travaille. Dans un louable objectif de passer plusieurs heures par semaine à ne pas travailler, plusieurs de mes collègues organisent des activités toutes plus loufoques les unes que les autres. Certains vendent des moitié-moitié, d’autres font des desserts hyper calorifiques et passent la journée à nous les mettre sous le nez afin de nous soutirer quelques dollars. Des jeux de fléchettes, des tirages, des cossins, des bébelles, des ci, des ca, des gna gna. Allez travailler bordel! Pourrais-je gagner mes quelques dollars de l’heure en paix sans me faire achaler pour en donner le double à tous ces organismes aussi bienfaisants puissent-t-ils être?

 

J’ai des tonnes de choses à payer, dont une contravention déjà en retard de 52$ (va savoir pourquoi à Verdun c’est plus cher qu’ailleurs), des freins tout neufs, des impôts au gouvernement du Canada, une folle virée de magasinage dont les pantalons sont déjà trop grands, mon voyage en république dominicaine du jour de l’an, les cadeaux de Noël, wouaaaaaaaaah. Heureusement que j’ai été une bonne employée et que je recevrai à temps pour Noël un généreux boni de fin d’année. Ouf.

 

N’empêche que j’adore donner aux œuvres caritatives. Surtout quand ils viennent chez moi et me débarrassent de choses dont je ne veux plus sans que j’aie à faire le moindre effort. Ce dimanche, la Guignolée est venue chez moi et ce fut un coup vraiment rentable. Je leur ai donné toutes les conserves de petits pois dont je disposais, lesquels sont désormais formellement interdits dans mon alimentation. J’en ai également profité pour leur donner l’ensemble des bouteilles de bière (vides) gisant dans la dépense dont toute une collection de Corona avec une magnifique lime pourrissante à l’intérieur. Ils ont même pris un sac rempli à craquer de vêtements défraîchis qui feront sans doute le bonheur d’un autre. 

 

Voyez, je n’ai pas besoin de donner 2 piastres par paie, d’acheter des brownies concoctés par Gertrude de la comptabilité à 1 piastre le carré, d’acheter 10 billets pour 5 piastres dans le but de gagner un t-shirt XXlarge que je ne porterai jamais et qui finira dans un sac de vidange rempli à craquer de vêtements défraîchis que je donnerai de toute façon à la Guignolée l’an prochain.

Catégorie : EXpress
Par L'ex
Le 29-11-2007
À 12:39
Commentaire(s) : 15
 
 

Un petit paquet de positif

L’humain a un instinct de survie hors du commun. Il a, pour s’aider à traverser diverses épreuves, fait preuve d’une imagination sans pareil. Malgré mon grand scepticisme face à la religion, je me dois néanmoins de reconnaître que celle-ci a apporté un grand réconfort à toute une population qui n’avait pas la vie facile à une certaine époque et encore aujourd’hui dans bien des régions du monde.

 

Adolescente, alors qu’un collègue de classe avait tenté de mettre fin à ses jours suite à un échec sportif, ma mère avait alors tenté de m’expliquer ce geste et m’a, sans doute bien malgré elle, imprégné à tout jamais une image dans la tête. Chacune de nos vies est une marionnette, soutenu par un certains nombres de fils. Un fil représente le travail, un autre les amis, un autre notre vie amoureuse et ainsi de suite. Si un fil se brise ou se détériore, d’autres fils peuvent nous soutenir jusqu’à ce que l’on reconstruise ceux qui nous manquent. Lorsque l’on met tous nos œufs dans le même panier et que l’on base notre vie sur un seul élément, celle-ci ne tient plus qu’à un fil…

 

Dans mon cas, j’ai cette grande volonté de retirer tout le positif d’une situation qui me rend inconfortable. J’adore la phrase « rien n’arrive pour rien » parce qu’en toutes circonstances, on peut regarder de l’autre côté de la médaille et faire face aux choses différemment. Évidemment, il peut être si facile de mettre le focus sur le négatif. Par exemple, depuis 5 semaines, j’ai perdu près de 10 lbs et ai pris beaucoup de masse musculaire. J’ai envie de me plaindre que mes mollets sont désormais gigantesques et que j’ai du mal à enfiler mes bottes jadis parfaites. Je vais plutôt voir le positif de la chose et savourer le fait que mes pantalons sont dorénavant tellement grands que je peux y insérer ma main sans les détacher. Non pas que j’ais besoin d’y mettre ma main, mais au cas…

 

Mumu me manque évidemment encore. Généralement, quand je mangeais seule, Mumu montait sur la table pour m’accompagner (je sais que les gens normaux ne laissent pas les animaux grimper sur la table, mais je n’ai jamais prétendu être normale). En fin de semaine, le Dompteur et moi avons fait nos arbres de Noël. Un gros faux chez lui et un petit vrai chez moi. Ce matin, pour la première fois de ma vie depuis que je fais des sapins de Noël et un joli petit village en dessous, mon appartement ne s’est pas transformé en champs de cocottes et de glaçons et aucun animal n’a détruit mon beau set-up. Merci Mumu pour cette frustration en moins.

 

Dimanche matin, je me suis levée avec quarante-douze boutons sur le menton, lesquels chauffaient et démangeaient intensément. Outre le fait que c’est très inconfortable, j’ai également l’impression d’avoir perdu toute crédibilité, ayant l’air d’avoir mangé trois ou quatre coups de râpe à fromage (i.e. barbe pas faite). Un rasoir électrique, ça se donne bien à Noël ça, hein?

Catégorie : EXpress
Par L'ex
Le 26-11-2007
À 10:53
Commentaire(s) : 15
 
 

L’après Mumu

Je plains ceux qui n’aiment pas les chats. Je plains encore plus ceux qui n’aiment pas les billets sur les chats. Je vous ai mentis hier. L’annonce du décès de Mumu n’était pas le dernier billet le concernant. J’avais oublié de prendre en considération le fait que le fantôme de Mumu allait me hanter et qu’il allait occuper le trois quart de mes pensées, si ce n’est pas davantage. J’en ai parlé abondamment. À tous mes collègues. À tous mes amis. À toute ma famille. J’ai même appelé mon psy pour lui en parler. À mon grand bonheur, celui-ci a considéré mon état comme urgent et a annulé un autre rendez-vous pour me recevoir. J’adore les gens qui ne minimisent pas mes réactions. D’ailleurs, il m’a fait réaliser que mon traumatisme avait deux volets.

 

Il y a évidemment la peine d’avoir perdu mon compagnon. Il était un personnage dans ma vie. Ça laisse un grand vide. Hier soir, heureusement que le Dompteur m’attendait à la maison après le boulot puisque ce fut le moment où j’ai vraiment réalisé que Mumu n’allait plus miauler pour m’accueillir. Qu’il n’allait plus grimper sur la table pour humer les assiettes. Qu’il n’allait plus jouer avec son énorme souris dans le corridor. J’ai pleuré. Comme une enfant. Mais cette tristesse est beaucoup moins grande que je m’y attendais. Je suis convaincue que j’aurai encore de la peine. Ce soir, lorsque je serai seule, je sais que je l’espèrerai. Je le verrai, l’entendrai et le sentirai. Mais je devrai apprendre à vivre sans sa présence. Et j’y suis préparée.

 

Là où j’ai particulièrement de la difficulté à passer outre, c’est le fait qu’il se soit éteint de cette façon devant moi. Le film de cette scène joue en boucle dans ma tête depuis mardi soir, 22h05. Une désagréable scène. Un visage de chat que je sais le mien, mais qui ne me plaît pas. Un chat de film d’horreur. En une fraction de seconde, Mumu est passé de chat adorable à personnage horrifiant. Il a atteint un monde que je ne connais pas. Nos vies si reliées se sont transformées en mondes parallèles. Le passage de la vie à la mort m’apeure particulièrement.

 

M’enfin, je m’efforce de changer cette perception de la dernière scène. Je souhaite que le personnage de ce souvenir soit Mumu-sans-vie et non plus Mumu-d’horreur.

 

Je ferai le deuil de cette bestiole que j’ai tant aimé. De ce beau cadeau qui m’avait été offert par mon papa. De celui qui m’a suivie dans 5 déménagements en 2 ans. De celui qui faisait la vie dure aux hommes qui passaient dans ma vie. De celui qui me suivait partout, même lorsque j’allais aux toilettes. Et lorsque ma peine sera amoindrie,  peut-être aurai-je envie d’adopter un nouveau compagnon. Qui sait?

 

P.S. Je vous remercie énormément pour tous vos mots suite à mon message d’hier. Chacun de vos messages m’a apporté un grand réconfort. Merci.

Catégorie : EXtériorisation
Par L'ex
Le 22-11-2007
À 16:25
Commentaire(s) : 7
 
 

R.I.P.

Ceci n’est pas une blague. Il n’y aura pas de punch à la fin de ce texte, annonçant que je vous ai tous bernés. Ce n’est que la triste réalité. Ce sera sans doute la dernière fois que je ferai un billet sur lui. Puisqu’il n’est plus. Mumu a rendu l’âme hier soir, pour une raison complètement obscure. Et comme je dois payer mes impôts, je ne dépenserai pas l’équivalent d’un chèque de paie pour une autopsie qui, de toute façon, ne me rendra pas mon chaton.

 

Il n’avait que 4 ans. J’ignore combien ça fait en âge de chat, mais je sais que c’est bien peu pour mourir violemment emporté par une crise de cœur ou un anévrisme au cerveau ou que sais-je encore. Mumu a eu une journée des plus usuelles. Quand je suis rentrée du travail, il m’a accueillie. J’ai cuisiné, il a grimpé sur la table de cuisine pour flairer les bonnes crevettes. J’ai regardé la télévision, il est venu quémander des caresses. Je l’ai nourri, il a mangé avec appétit. Je me suis installée dans mon lit pour lire, il est venu s’endormir à mes pieds. J’ai téléphoné à mon amoureux et après plusieurs minutes de conversation, l’inexplicable s’est produit. Mumu, tenant sa position habituelle de petite boule à mes pieds a carrément jumpé d’au moins un mètre pour ensuite retomber à mes côtés. Au début, je croyais qu’il avait été surpris par quelque chose et qu’il avait sursauté puisque c’était dans ses habitudes d’être nerveux. Mais quand j’ai vu que son petit corps poilu était inanimé, j’ai pris panique et j’ai crié comme si on m’arrachait une jambe. Je l’ai secoué, comme pour le réveiller et il est tombé en bas du lit, complètement raide.

 

Un ami est venu disposer du corps dans un sac de poubelle sur mon balcon et mon fantastique amoureux est venu de Granby à 11h pour passer la nuit avec moi. Il est reparti ce matin avec Mumu-sans-vie pour le faire incinérer. Je suis sous le choc. Je suis traumatisée. Je ne comprends pas. Je n’en reviens pas et je n’arrive pas à y croire. Et je suis triste surtout. La vie ne sera plus pareille sans Mumu pour m’accueillir quand j’arrive. Sans Mumu pour me réveiller à 3 heures du matin pour des calins. Sans Mumu à qui donner des tonnes de bisous sur le nez.

 

J’espère pour lui qu’au paradis des chats, il y a une abondance de souris à chasser et une source inépuisable de bisous sur le nez et de caresses dans le cou.

 

Adieu Mumu. Tu vas me manquer.

Catégorie : EXtériorisation
Par L'ex
Le 21-11-2007
À 11:17
Commentaire(s) : 26
 
 

700$ par ci, 700$ par là

Finalement, après avoir reçu un avis de nouvelle cotisation de Revenu Canada pour une somme de 700$, ce à quoi je dois ajouter un taux d’intérêt faramineux, je trouve vraiment jouissif d’avoir de nouveaux freins. Merci Revenu Canada pour cette prise de conscience.

Catégorie : EXutoire
Par L'ex
Le 19-11-2007
À 11:47
Commentaire(s) : 6
 
 

Question existentielle

Après avoir dépensé 700$ sur mon extraordinary Accent hier soir pour cause de freins en état de décrépitude totale et également pour y mettre des pneus d’hiver dignes des routes enneigées menant jusqu’au royaume des bleuets congelés, j’ai eu un peu envie de pleurer. Pourquoi le fait de passer ma carte pour 700$ dans un magasin de vêtements ou dans une chic boutique de cosmétiques me procure un sentiment de bien-être profond? Pourquoi suis-je fière telle une petite fille d’arborer une nouvelle fringue le lendemain de son achat? Pourquoi ais-je eu envie de crier au scandale en signant le reçu de Visa chez le garagiste? Pourquoi n’ais-je pas eu de sentiment de bien-être et de fierté en essayant mes nouveaux freins?

 

Pourquoi je ne vois pas la différence quand je freine avec mes nouveaux freins? Quand ça me coûte 100$ pour passer du blond au brun, tout le monde s’en rend compte. Quand j’achète une sacoche rouge et que je la porte avec mon manteau blanc, ça fait un effet monstre. Je crois être en droit de m’attendre qu’après 700$ chez le garagiste, j’ais au moins un peu l’impression que ma voiture va mieux. Non?

Catégorie : EXistentialisme
Par L'ex
Le 16-11-2007
À 14:21
Commentaire(s) : 11
 
 

Savourer la vie, un joufflu à la fois.

Il est difficile pour moi d’admettre aujourd’hui que je ne suis qu’un humain et que toute ma peine, aussi spéciale qu’elle puisse être à mes yeux, n’est rien d’autre qu’une petite déprime automnale.

 

À mon grand bonheur, j’ai découvert que j’avais en ma possession la recette de la félicité. Le problème est que je l’avais tellement bien rangée qu’elle était désormais introuvable. Qu’à cela ne tienne, mes intensives recherches m’ont permis de la retracer, pour le plus grand bonheur de tous puisque je peux tellement avoir l’air misérable quand je m’y mets.

 

Savourer chaque instant de petit bonheur que la vie m’offre est mon credo. Sans oublier d’agir pour changer les choses que je souhaite voir autrement (i.e. chercher à décâlisser). C’est ainsi que ce matin, au gym, j’ai intensivement savouré la pesée hebdomadaire, celle-ci m’offrant le meilleur résultat depuis la première semaine. Voilà trois semaines que j’ai augmenté considérablement l’intensité de mes entraînements et aussi drôle que ça puisse paraître, une addiction s’est créée. J’ai besoin d’aller me défoncer sur le tapis roulant. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi je ne figure toujours pas sur la liste d’athlètes de Véronique.

 

Aussi, après m’être longuement questionnée à savoir lequel des deux gestes suivants était le plus risqué : laisser ma nouvelle sacoche rouge dans ma voiture verrouillée sur Wellington ou laisser ma nouvelle sacoche rouge dans mon casier non verrouillé du vestiaire, je n’ai eu d’autre choix que de réaliser que ma vie pouvait ne pas être si ennuyante si je m’y mettais un peu. Comme par exemple, laisser ma nouvelle sacoche rouge dans ma voiture non verrouillée sur Wellington… m’enfin, j’ai plutôt choisi d’aller m’acheter un cadenas chez Jean Coutu. Ce que je peux être straight parfois.

 

Il ne faut pas s’en faire pour moi. Je suis une survivor du mois de novembre. Je ne risque pas d’aller me lancer devant le métro, je ne prends pas le métro. Je ne risque pas d’avaler tous les médicaments périmées contenues dans ma pharmacie, je les ai tous jetés il y a quelques semaines (sauf bien sûr les calmants dents-de-sagesse, ce sont mes préférés). À la place, je vais donner un petit coup au travail pour finir la semaine fière de moi, conduire jusqu’au Lac-St-Jean et m’arrêter manger un MacPoulet (ou peut-être une salade si la culpabilité se fait trop féroce) pour assister au baptême de mon super filleul joufflu.

 

Y a rien comme un bébé joufflu pour faire réaliser la beauté de la vie.

Catégorie : EXpress
Par L'ex
Le 14-11-2007
À 16:05
Commentaire(s) : 9
 
 

Ennuyeuse tempête

Il y a une tempête qui me traverse. Une tornade dans laquelle j’ai vu enfiler certains espoirs. Au même moment, une douce brise en transportait quelques autres. L’habitude des grands vents du nord balayant toute la poussière du champ me fait haïr ces maudites brises qui ne décrochent même pas les feuilles des arbres alors qu’elles ne désirent que ça.

 

Fouettez-moi. Faites-moi mal, faites-moi sourire, faites-moi souffrir, mais s’il vous plaît, faites-moi sentir quelque chose. La vie sans odeur et sans saveur, ça m’ennuie.

Catégorie : EXtériorisation
Par L'ex
Le 13-11-2007
À 17:39
Commentaire(s) : 3
 
 

Billet mélancolique

J’ai jadis cru que vieillir comportait un avantage non négligeable en ce que les moments de déprime se faisaient de plus en plus rares. Ce n’était sans doute qu’un leurre quoiqu’il faille tout de même admettre que dans mon cas, l’intensité des déprimes a avantageusement chuté à travers les années. M’enfin, où en suis-je aujourd’hui, 26 ans plus tard? À me plaindre. Encore. Je me bâillonne chaque matin afin d’éviter de dire des vacheries à cet enculé,  je groche, je me demande ce que je fais encore ici, je remets en doute chacun des choix  qui m’ont amené jusqu’ici et je rentre à la maison, rongée par la culpabilité de ne pas donner tout ce que j’ai. Je meurs à petit feu, ensevelie sous un stress alimenté par la peur de ne pas être assez bonne pour me sortir d’ici.

 

À 16 ans, je pleurais à chaque échec, déçue de perdre petit à petit mon innocence et l’utopie qui m’avait jusqu’alors permis de rêver.  De rêver qu’un jour je serais heureuse de me lever le matin pour donner ma vie à ma carrière. Qu’un jour, je pourrais accorder toute ma confiance à quelqu’un, sans peur d’être abandonnée ou trahie. De rêver qu’on n’est pas si seul finalement dans la vie.

 

10 ans ont passé et où en suis-je? À réaliser que je donne ma vie, sans grande motivation, uniquement pour vivre. À réaliser qu’on est bien seul finalement dans la vie et que je ne serai probablement jamais assez parfaite pour ne pas passer ma vie à me justifier d’être ce que je suis.

 

Ça me donne le goût de m’endormir, cachée sous mon lit.

Catégorie : EXtériorisation
Par L'ex
Le 12-11-2007
À 16:03
Commentaire(s) : 5