Je vous ai déjà raconté, il y a quelques temps, le difficile voire même l’inexistant contact qui s’est produit entre le mâle français et moi-même lors de mon séjour chez eux. Comme je suis désormais fanatique de psycho-pop, j’ai à nouveau cherché dans mes souvenirs l’origine de cette incompréhension entre eux et moi. Et cette origine réside dans mon premier contact significatif avec un mâle à mon arrivée à Paris.
J’étais à Paris avec une amie pour une semaine après quoi nous nous séparions pour aller nous installer dans nos villes d’accueil respectives. J’étais, comme toujours, célibataire alors que mon amie était en couple avec un garçon qui était demeuré à Montréal. Ces deux-là s’appelaient environ mille fois par jour et s’envoyaient plus ou moins cent courriels par jour. Quand ma copine n’était pas en ligne avec Montréal, elle pleurait parce qu’elle s’ennuyait tellement de son amoureux trop génial et soudainement devenu parfait de par son absence. Ce genre de relation mielleuse est déjà assez exaspérante comme ça, multiplier ces effets par douze lorsque vous êtes seule avec la pleureuse à 3000 km de chez vous.
Toute cette histoire uniquement dans le but de justifier mon grand désir de rencontrer des gens et mon peu de subtilité pour y arriver.
Je trouvais les voitures de police en France complètement ridicules et je prenais des photos de deux d’entre elles stationnées près des Champs de mars, quand un jeune et mignon policier m’a grondée et m’a menacée de retirer ma pellicule. Comme il n’y a rien de plus facile que de corrompre un policier de 25 ans, français de surcroît, j’ai finalement reçu une invitation pour le soir même. La soirée s’est bien déroulée, nous avons mangé et discuté de tout et de rien et je suis repartie à mon hôtel en taxi, après avoir échangé mon adresse de courriel avec mon nouvel ami Florent.
Quelques jours plus tard, je partais en train pour Lyon, où j’allais m’installer pour les prochains mois. Dès mon arrivée, j’avais un courriel de Florent, me disant qu’il n’avait jamais visité Lyon et qu’il aimerait bien venir y passer un week-end et découvrir ma nouvelle ville avec moi. Outre le fait que je sois sans doute un peu conne et naïve, le fait que je sois seule au monde de l’autre côté de l’océan m’a fait accepter assez spontanément cette offre, ce qui ne s’est finalement pas avéré l’idée du siècle.
Florent est arrivé le vendredi suivant, après 500 kilomètres en moto. Il m’a fait un repas génial (les français savent cuisiner, ça, y a pas de doute), nous avons bu beaucoup de vin et nous sommes finalement allés faire dodo. Évidemment, je n’avais pas d’autre endroit pour le faire dormir que dans l’autre moitié de mon lit, ce qui compliqua légèrement les choses. En effet, Florent, tel un animal affamé, a tenté de me dévorer toute crue, sans même me prévenir, ce qui me fit non seulement sursauté mais également le repousser à tout jamais. Une première approche ratée, c’est plutôt insurmontable.
Le lendemain, nous avons parcouru la ville ensemble et le tout s’est plutôt bien déroulé jusqu’au soir où je devais malheureusement me retrouver à nouveau à ses côtés, évidemment bien armée de mon plus laid pyjama. Ce soir-là, j’ai eu droit à une crise de mâle fru, me disant que j’étais vraiment conne et nulle si j’avais pu m’imaginer deux secondes qu’il avait pu faire 500 kilomètres de route pour ne pas coucher avec moi. Vous le devinez, ça me donnait encore plus le goût de dire non, ce que j’ai fait avec grand succès.
Le dimanche fut la goutte qui fit déborder le vase. Nous nous sommes rendus sur une terrasse, histoire de prendre un verre et de profiter de la belle température que nous offrait le mois de septembre. Comme il faisait 25 degrés, en bonne québécoise que je suis, je me suis (pas beaucoup) vêtue d’une jupe plutôt courte et d’une camisole décolletée. Alors que nous discutions Florent et moi et que je sentais enfin l’harmonie se pointer le bout du nez en raison de son départ imminent, celui-ci y est allé avec la phrase assassine qui a signé son arrêt de mort.
« Tu as vu comment tu es habillée? Tout le monde te regarde! J’ai l’air de quoi moi? Est-ce que c’est écrit dans mon front Je partage? »
Ça m’a évidemment pris quelques secondes pour réaliser vraiment ce que cet enfoiré venait de me dire mais après avoir vraiment réfléchi (1/2 seconde), je lui ai fait la passe de la québécoise en christ. J’ai baissé mon décolleté, je me suis remontée les boules pour être sûr que ce soit le plus indécent possible et je lui ai dit, le regardant droit dans les yeux : « C’est tu à toi ces grosses boules là? Non? Hé bien je vais les montrer à qui je veux et t’as pas un mot à dire. » Et je suis restée dans cette position indécente jusqu’à ce qu’il sacre son camp.