Pour ceux qui l’ignorent encore, j’ai été élevée sur une ferme au Lac-St-Jean. Pas une petite fermette avec deux vaches, trois poules et une chèvre. Non. Une grosse business, avec des centaines de vaches et des dizaines de milliers de poulets. J’ai horreur des vaches. J’ai, en fait, une peur bleue de celles-ci. Je n’ai aucun problème à aller cueillir des framboises et de côtoyer un ou deux ours bruns, mais ne me demandez pas de m’approcher d’une vache en liberté.
Quand j’étais toute petite, je suivais mon père partout. Aux poulaillers, à l’étable, en tracteur, partout. Il y avait une vache que j’affectionnais particulièrement. C’était la numéro 2.. Je l’aimais bien parce qu’elle était presque toute blanche. Elle avait bien quelques petites taches noires, mais elle se démarquait des autres de par sa blancheur. J’imagine qu’à cette époque, j’étais convaincue que mon prince charmant allait arriver en vache blanche plutôt qu’en cheval blanc. Aujourd’hui, il peut bien arriver en sentra ou en tercel, je m’en contrebalance bien. En fait, il peut même arriver en vélo si ça lui chante. Bon, s’il arrive en dodge caravan remplie à craquer de minis-lui, on verra là… mais je m’égare. Revenons à la vache blanche.
Un jour, j’avais trois ans, mon père faisait le train dans l’étable et moi je traînais là, avec lui, à ne pas faire grand chose d’utile. Je m’occupais à toutes sortes de choses dont manger de la moulée pour les vaches. J’aimais bien les petits grains de maïs séchés. Je me foutais bien de l’hygiène, je me servais à même le tas de moulée par terre, devant la vache blanche.
Je me suis rendue derrière « ma » vache et me suis mise à lui observer le derrière. Le sens du toucher est sans contredit mon sens le plus développé. Je suis toujours curieuse de savoir quelle texture ont les objets que je vois. Ne vous surprenez donc pas si je me mets à flatter votre manteau de fourrure lors de notre première rencontre… Mais à ce moment-là, ce que je vois, c’est un corps de vache.
Petit cours d’anatomie vachière, je sens que c’est nécessaire, il y a beaucoup d’urbains qui passent par ici… La vache a un pis, qui est l’espèce de grosse poche sur laquelle reposent normalement quatre trayons desquels sort le lait. Poursuivons donc.
Dans ma petite tête de petite fille de trois ans qui est en train de regarder le derrière d’une vache, il se passait beaucoup de choses. Je me demandais bien quelle texture pouvait bien avoir cet espèce de sein géant dont était ornée ma vache préférée. Je ne fis ni un ni deux et du haut de mes trois pommes, je propulsai ma main sur le gros toton de la numéro 2.
Celle-ci, prise par surprise, n’a pas particulièrement apprécié cet attentat à sa pudeur et je me retrouvai en moins de deux, gisant en pleurs dans un gros tas de marde.
C’est ainsi que l’Ex est devenue une fille de ville.